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02 juillet 2008

Un nouveau départ

« Cet accident de la nuit dernière n’était pas le fait du hasard. Il marquait une cassure. C’était un choc bénéfique, et il s’était produit à temps pour me permettre de prendre un nouveau départ dans la vie. »

                           

Patrick Modiano, Accident nocturne, Gallimard, 2003, p. 18.

21:00 Publié dans Citations | Lien permanent

21 juin 2008

Enquête en montagne

1100588477.gifEn terminant ses cartons, il retrouva derrière l’ordinateur des tickets de caisse pliés en deux… Il les ouvrit, étonné de les avoir conservés, puis il sourit de relire sur leur verso les mots doux que les caissières lui lançaient entre deux clients : « Tu es beau chéri ! Je t’aime je t’aime je t’aime », « Tu es tendre, tu es gentil, tu es bon… », « Épouse-moi mon amour ! D’accord chéri de mon cœur ? »…

Il quitta Paris un matin nuageux, accompagné de son plus tendre ami, d’abord avec un camion rempli d’une vie de plus de trente années de souvenirs, qu’ils déposèrent dans la ferme de sa grand-mère, simplement simple au milieu des blés charentais ; puis il fila seul en train vers les montagnes des Pyrénées, vertes et généreuses, ombragées comme autant de lignes d’horizon se succédant, filtres dentelés d’un gris-bleu translucide qui le rassuraient, lui rappelaient que dans la vie il n’y avait pas que Paris et l’édition, mais aussi le grand air, l’amabilité des gens, leurs sourires, leur acceng, et puis la simplicité des rues espiègles et brûlantes au soleil, les sentiers perdus, et l’ombre d’un arbre, tiède et fraîche, où rêvasser…

L’agence de l’ANPE de la petite ville se situait au fond d’un parking gris, derrière la mairie. Bâtiment neuf aux boiseries accueillantes. Il fut reçu par une femme d’une cinquantaine d’années, le genre qui met à l’aise mais un peu trop rieuse et dont la nonchalance fait sentir derrière les rides onctueuses et sèches, l’ancienne soixante-huitarde qui prendrait presque à la légère la recherche d’un travail. Elle parcourut son CV : « Responsable éditorial, collaborateur littéraire, assistant de rédaction ; enseignant de Lettres à l’université ; caissier dans un supermarché… » Yeux ronds, ahuris, elle commença par bredouiller que de tels CV sont rares. Après plusieurs silences, quelques clics sur l’ordinateur, des haussements d’épaules et des soupirs, il sentit bien qu’elle n’osait pas poser la question qu’il soupçonnait évidente. Pourtant, elle se décida, ceci sans accent et avec une franchise exubérante : « Mais qu’est-ce que vous êtes venu faire dans le trou du cul du monde ??? »

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00:35 Publié dans Chronique du réel | Lien permanent

10 juin 2008

Au risque de cette solitude...

Une citation envoyée par Léo Scheer

« L’œuvre est solitaire : cela ne signifie pas qu’elle reste incommunicable, que le lecteur lui manque. Mais qui la lit entre dans cette affirmation de la solitude de l’œuvre, comme celui qui l'écrit appartient au risque de cette solitude. »

La solitude essentielle, Maurice Blanchot.

27 mai 2008

L’art du roman

 

Examinons un moment un esprit ordinaire, au cours d’un jour ordinaire. L’esprit reçoit des myriades d’impressions, banales, fantastiques, évanescentes ou gravées avec l’acuité de l’acier. De toutes parts elles arrivent – une pluie sans fin d’innombrables atomes ; et tandis qu’ils tombent, qu’ils s’incarnent dans la vie de lundi ou de mardi, l’accent ne se marque plus au même endroit ; hier l’instant important se situait là, pas ici ; de sorte que si l’écrivain était un homme libre et pas un esclave, s’il pouvait écrire ce qu’il veut écrire et non pas ce qu’il doit écrire, s’il pouvait fonder son ouvrage sur son propre sentiment et non pas sur la convention, il n’y aurait ni intrigue ni comédie ni tragédie ni histoire d’amour ni catastrophe au sens convenu de ces mots.

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00:50 Publié dans Extraits | Lien permanent | Tags : virginia woolf, "l'art du roman"

26 mai 2008

« Son absence », roman

1746464787.jpgL’éditeur Léo Scheer a créé sur son site Internet la collection « M@nuscrits » : où l’on peut lire des textes mis en ligne, présentés avec une couverture sobre et littéraire (couleur crème, le nom de l’auteur en noir, le titre de l’ouvrage en bordeaux), une quatrième de couverture et la possibilité pour les internautes de voter et de commenter les pages lues.

La singularité de cette initiative est grande : lorsque vous lisez le manuscrit en ligne, vous pouvez en tourner les pages à la manière d’un livre. Cette expérience éditoriale inédite a le mérite de déplacer la question : ce n’est plus le livre en tant qu’objet qui se voit mis en avant, mais le texte, rien que le texte… On pense à Roland Barthes, qui sans doute aurait admiré ce mouvement des pages qui se révèlent au fil des ombres et offrent à l’internaute le geste du lecteur qui, en toute quiétude, butine les mots dactylographiés dans l’ombre du jour.

Que grâces soient rendues à Léo Scheer pour sa volonté d’avoir su actualiser la question de la lecture à l’heure du Net, et d’avoir ainsi su donner un nouveau souffle aux critiques des lecteurs anonymes épris des mots, pris par et dans les mots dont les commentaires font penser à cette « communauté inavouable » chère à celui qui a inspiré le titre de ce blog, Maurice Blanchot.

Pour toutes ces raisons, j’ai fait le choix de présenter dans « M@nuscrits » mon premier roman : Son absence.

                                                                                    

Stéphane Darnat

21 mai 2008

Le linge sèche au vent

Le linge sèche au vent, maman m’appelle ;
Tête baissée, pieds devant je cours vers elle.
Elle a passé ses mains dans mes cheveux,
un conte sans but ni fin, de gens heureux ;
Elle a passé ses mains sur mon visage,
mais mes yeux filaient au loin le paysage.

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14 mai 2008

Du romanesque, que diable !

Un éditeur dîne avec l’une de ses auteures, en terrasse d’un restaurant espagnol, dans une rue de Paris où défilent les passants et les bus. Petit à petit, les bruits de la ville déclinent. Minute après minute, les nuages s’éclipsent, rose saumon. Après quelques verres de vin rouge et autant d’anecdotes, la nuit dessine les contours de leurs visages. Ils rient beaucoup. Vient une pause, un silence complice. Et tandis qu’il allume une énième cigarette, elle lui demande comment lui, dans son histoire, en est venu à la lecture, à l’écriture…

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29 avril 2008

Makali, et le cœur s’allège…

1050363910.jpgMakali c’est un jeune groupe qui met toute son énergie au service d’une musique dont l’âme diffuse avec une tendresse espiègle un quelque chose de jazzy et de tzigane qui trouble, surprend, émeut, et ravit…

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24 avril 2008

De l’exil

Lettre de M.

                                                                     

À propos de l’exil, cette citation de Henry James :

« Le dernier degré de son absence personnelle venait seulement de le surprendre. »

21:50 Publié dans Correspondance | Lien permanent

21 avril 2008

Déverrouiller

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Tableau de Alexander Pushkin

15 avril 2008

Delta

Un soir où il déambule dans Paris tout en découvrant son chemin au gré des noms gravés de blanc sur fond bleu, il finit par se perdre aux carrefours des rues. Alors sa petite vie défile sur son écran mental. Et, pris d’un désespoir aigu, il lève les yeux au ciel et murmure : « Jusques’à quand, Éternel ? Jusques’à quand ! Éternel… » Il songe : « Naître sans destin… »

Étourdi, las et inconsolable de n’avoir su trouver sa place en ce monde, il poursuit sa marche silencieuse en penchant la tête, rêveur comme un pendu emporté dans le vent d’une nuit aux reflets d’or vert.

                                                                       

Stéphane Darnat

01:10 Publié dans Fragments | Lien permanent

13 avril 2008

À quoi sert la littérature ?…

Pourquoi y a-t-il des fous qui passent leurs nuits, leur temps, leur vie à écrire, et pourquoi y a-t-il des fous qui, comme vous et moi, passent leurs nuits, leur temps, leur vie à les lire ?

Cest peut-être à cela que sert la littérature : à mettre la mort en retard                

                 

Maïalen Lafite

03 avril 2008

Baisser pavillon…

f3c818021da919c112df693a726ffaf2.gifIl sort de la Poste où il est venu chercher une lettre avec AR. La lettre est envoyée par le supermarché. Il était temps ! Plus d’un mois après son départ il n’a toujours pas touché son chèque de solde de tout compte et ses attestations de travail et Assedic. Alors il lit la lettre, la relit, la re-relit et n’en croit pas ses yeux :

 

Monsieur,

Vous êtes absent de notre établissement sans autorisation, sans avoir fourni ni explications ni justificatifs depuis le 26 février 2008 (ouais j’suis au courant, merci pour le rappel des faits…), et jusqu’à ce jour, vous n’avez toujours pas réintégré votre poste de travail (tu m’étonnes…).

Vous avez répondu à notre courrier recommandé du 29 février 2008, dans lequel nous vous demandions de nous adresser dès sa réception tout justificatif relatif à votre absence irrégulière (et donc ?), de reprendre votre poste de travail (ben tiens, tant qu’à faire, autant partir pour revenir…), ou de nous transmettre un courrier nous précisant que vous démissionnez de notre point de vente (c’est fait…) afin que nous établissions le plus rapidement possible votre solde de tout compte (j’attends toujours…), votre certificat de travail et votre attestation Assedic (le truc qui sert à rien mais bon…).

En effet, par courrier du 13 mars 2008 (c’est vrai, je suis un peu lent pour répondre au courrier, faut admettre…), vous nous faites part de votre volonté de démissionner de notre point de vente (je confirme ducon). Nous en prenons acte (c’est bien… amène le flouze alors !). Toutefois (ah, ça se gâte…), votre démission ne résulte pas d’une volonté non équivoque (hein ?) puisque vous nous indiquez que votre démission résultes (c’est vrai, « résulter » à la troisième personne du singulier, un coup ça prend un -s, un coup pas, c’est bien connu… peuvent pas s’relire ?) (donc y disent quoi ?) résultes de « diverses raisons, tant personnelles que liées aux conditions de travail dans notre point de vente » (y a pas à dire, tout de même j’suis vachement fort pour ramasser en une phrase des sous-entendus bien lourdingues… ça a pas dû leur plaire on dirait…).

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28 mars 2008

Portrait du directeur littéraire

L’image du directeur littéraire

Cultivé, inscrit dans un réseau relationnel et médiatique des plus importants, le directeur littéraire donne souvent de lui une image caricaturale car le fait de déléguer de nombreuses tâches participe d’un portrait volontiers superficiel de sa fonction. On l’imagine en effet, après avoir passé sa matinée à lire la presse, aller déjeuner dans un restaurant en vue avec un auteur, puis passer son après-midi à donner des ordres en hurlant après ses collaborateurs, pour enfin filer en taxi au Lutétia à des rendez-vous mondains : c’est mal le connaître.

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26 février 2008

La rêverie, buvard de l’errance

ce6bfd8db079ebe718939500fd514405.gifAvant d’aller prendre son caisson dans le bureau du directeur, il entre aux vestiaires où il croise les hommes qui ont depuis l’aube mis les produits en rayon. Il leur serre la main, échange avec eux deux ou trois mots puis ouvre son armoire métallique et enfile sa veste rouge ornée de ce logo sur la poitrine : une pomme en forme de cœur.

Comme chaque fois il se souvient que, lorsqu’il était gamin, il rendait souvent visite à son père à l’usine, qui toujours interceptait son œil distrait s’égarant sur les armoires métalliques où trônaient  des écussons d’équipes de foot et des cartes postales de filles au regard pervers sentant bon le sable chaud. Il avait vraiment l’air idiot à ne rien comprendre aux plaisanteries des hommes qui embaumaient la faïence de ces vestiaires aux rangées de robinets et de savons jaunes qui lui faisaient penser à de vieilles bananes desséchées.

Lui qui, avec ce boulot de caissier, a le sentiment de revisiter le parcours de son père, de déambuler dans le labyrinthe de ce passé qu’il se raconte à la lueur de sa solitude, il comprend petit à petit que son ancien penchant pour la rêverie n’était qu’une espèce de tampon sur lequel il met désormais le mot « buvard ». Il suppose que dans ses moments d’absence il négociait un rapport avec le monde qui ne le satisfaisait pas, cherchait une transition hors du réel, source de frustrations. La rêverie, comme la caisse du supermarché : un compromis.

Ce jour-là un déclic s’opère, lentement. Il regarde les clients comme s’il les croisait pour la dernière fois. Justement, quelques heures plus tard, à la tombée de la nuit, le directeur vient le voir et lui lance comme souvent (haut et fort) un ordre sans autre forme de politesse. Après un moment de réflexion aiguë il refuse d’y répondre et résiste fermement, au point que le directeur hurle d’impatience. Il ne cède pas et finit par quitter sa caisse en ignorant le silence qui règne dans le supermarché, comme il en serait d’une représentation que le comédien déserte au beau milieu d’une scène, sans autre préavis que l’humeur, l’insolence ou la lassitude.

Il entre aux vestiaires où il repose sa veste sur le ceintre de l’armoire. Il secoue la tête, et tandis qu’au micro le directeur exige son retour en caisse il traverse le magasin le regard droit. Il sort sans même formuler qu’il démissionne.

Passé la porte, il retient son souffle et devine qu’il a enfin bu jusqu’à la lie sa désespérance à errer ailleurs que dans le temps présent. Peut-être est-il prêt pour l’avenir. Peut-être.

                                          

Stéphane Darnat

16 février 2008

Lire : une sauvegarde personnelle

Ce qui se joue dans l’interprétation d’un roman, c’est une expérience de lecture : on n’est pas le même après…

L’auteur, qu’il soit écrivain, dramaturge, poète ou théoricien, se bat avec les mots comme le musicien avec les sons et le peintre avec les couleurs. Son état est une bataille intérieure empreinte de nécessité et d’urgence.

Qu’est-ce que l’expérience de l’écriture ? La mise en mots, c’est la participation de l’encre à la découverte de ce qui est ancré en soi. Les mots sont des matériaux, des outils qui nous offrent l’accès à la co-naissance, à la remise en ordre de notre être, qui passe par l’esthétisation de la lecture…

Qui lit n’est pas passif. La lecture est une pratique, qui n’est pas réductible à la seule recherche du sens. Quel que soit le niveau d’érudition, le trait commun à tout lecteur est l’imagination, et plus précisément l’exercice d’ubiquité : être ici et ailleurs. Un départ imaginaire, sans perdre pied avec la réalité (sauf à de rares exaltations !).

L’évasion n’est pas une attitude vaine et inutile. Elle est, sur un mode sérieux, l’impertinente absence, un élément structurant qui permet de développer des zones d’ombre.

La lecture introduit une liberté fondamentale, et celle du sujet est en cause dans toute activité de penser un livre : s’évanouir dans son jardin secret. Voilà la vertu de l’impertinente absence. Lire est une sauvegarde personnelle. Une oralisation mentale est nécessaire, comme il en est d’une expérience initiatique : là est en jeu le processus d’avènement du sujet lisant, processus de structuration et de maturation.

La lecture est une mise en mouvement fantasmatique. Tout lecteur est un auteur romanesque… Avec la lecture, la question est de trouver sa dimension d’expérience. La lecture peut être un choc, un risque de perdition. Il faut donc lire comme on est initié : on reçoit un bien.

 

Maïalen Lafite

14 février 2008

La reconnaissance en soi-même

Note de bas de page n° 106.

Copié en marge : « En réalité, chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même. L’ouvrage de l’écrivain n’est qu’une espèce d’instrument optique qu’il offre au lecteur afin de lui permettre de discerner ce que, sans ce livre, il n’eût peut-être pas vu en soi-même. La reconnaissance en soi-même, par le lecteur, de ce que dit le livre, est la preuve de la vérité de celui-ci, et vice versa, au moins dans une certaine mesure, la différence entre les deux textes pouvant être souvent imputée non à l’auteur mais au lecteur. »

Gérard Wajcman, L’interdit, roman (Denoël, Paris, 1986).

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13 février 2008

Lune absente

Le soleil n’a pas encore atteint la couche de nuages qui étreignent le ciel, à peine bleuté, par endroits taché de blanc. Comme si d’un improbable arrière-fond carillonnait l’humeur phosphorescente d’une lune absente. La nostalgie du temps semble ainsi se déplier comme au travers d’un drap, d’abord pourpre et bienveillante, puis rose saumon, romanesque.

                                                

Stéphane Darnat

23:10 Publié dans Fragments | Lien permanent

07 février 2008

Comme en exil

 

medium_Une_semaine_1.pngLyon, hiver 1980 : un appartement aux murs bleus rangés de livres tièdes, une femme corrige les rédactions de ses élèves. Elle soupire, se lève, se traîne. Eddy Mitchell fredonne La dernière séance. Son regard se perd. Elle rumine contre les platitudes que lui servent ces petites âmes décevantes : elle ne sait plus si c’est l’Éducation nationale qui a tué l’imagination des gosses ou si c’est eux qui refusent le jeu (dont ils semblent ignorer qu’il est jouissif) de faire un effort de construction intellectuelle. Elle tourne en rond, repense à des scènes de classe : brouhaha, fous rires, complicités, violences. Dans le miroir elle s’adresse un « T’es pas belle… ». La veille, noyée dans ses pensées, elle n’est pas retournée au collège. Et c’est toute de pluie vêtue qu’elle est arrivée chez son médecin, prise de doutes et de résignations. Il lui a prescrit « une semaine de vacances ».

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01 février 2008

Jusqu’à la mort

 

32f3abb757e4b6e4278b34020cf47bb7.gifPour l’écrivain, la littérature est cette parole qui dit jusqu’à la mort : je ne commencerai pas à vivre tant que je ne connaîtrai pas le sens de la vie.

 

Roland Barthes

Photographie : © Cécile Sergent

22:00 Publié dans Citations | Lien permanent | Tags : Ecrivain, Roland Barthes

 
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