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22 septembre 2007

Fabriquer un objet scriptural

Mon but, c’est de fabriquer un objet, disons scriptural – comme on dit un objet pictural – où les diverses parties s’équilibrent, où il y ait un jeu de miroirs, des renvois, que ça fasse un tout équilibré, bien construit...

(...) Cela se fait en tâtonnant : savoir si l’on doit mettre ce morceau à droite, ou à gauche, ou après ; chercher ce qui peut s’harmoniser, jouer, contraster, comme en peinture ou en musique : avec des glissements, avec des lois d’assonances, de dissonances. Avec le sentiment qu’on a plutôt, car il ne s’agit pas de lois fixées.

 

Claude Simon

00:00 Publié dans Citations | Lien permanent | Tags : Claude Simon, Editions de Minuit

20 septembre 2007

Du secret

A ses débuts, la psychanalyse s’est pensée comme une activité de détective. On peut lire en ce sens L’inquiétante étrangeté, étude qui porte sur l’hystérique (un secret inconnu que le sujet se cache à lui-même) et sur le criminel (un secret connu qu’il cache à tous).

La psychanalyse a dû inventer des astuces pour détecter l’inconscient, pour débusquer de l’insu, du latent dans le manifeste, pour le faire parler (Cf. : le premier cas de Dora). Il s’agirait d’une science de l’individuel : une sorte d’intuition du déchiffrement des signes.

Il y a du secret à l’insu du sujet. Nous cachons tous ce que nous ne savons pas cacher : idée d’un secret au cœur du sujet. Il faudrait dès lors repenser l’économie de ce qui se dit sur une articulation qui n’est plus « ce que le sujet veut dire » mais « ce que le sujet désire ».

 

Dominique Rabaté

19 septembre 2007

Un temps disparu

Ciel bleu blanc rouge : un grand arbre aux plumes amples, un bâtiment aux murs épais que poinçonnent de larges fenêtres encadrées de briques orangées, la rue baignée d’une trentaine de majorettes aux jupes blanches et courtes, levées bien au-dessus du genou. Leurs tuniques forment un V. Chapeaux blancs à bordure rouge, elles tiennent leur bras droit replié sur la taille tandis que leur bras gauche se tend bien haut. Bâtons en l’air.

En sourdine, la musique d’un temps disparu : la fanfare.

Une époque oubliée.

                                                                                                              

Stéphane Darnat

15 septembre 2007

Un chemin

 

medium_14_insolite.jpg 

 

 

 

 

 

 

And now, the end is near

And so I face the final curtain

My friend, I’ll say it clear

I’ll state my case, of which I’m certain

I’ve lived a life that’s full

I’ve traveled each and every highway

And more, much more than this

I did it my way

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22:50 Publié dans Poésie | Lien permanent

10 septembre 2007

Hommage : « Trois petites notes de musique »…

Sur une photographie noir et blanc qui date du début des années 50, elle pose  devant la porte de bois de la ferme. Elle sourit, l’air bonne et heureuse.

Perdue dans ses pensées, ses yeux duvetés d’un voile de mélancolie, on sent qu’elle aime leur vie, qui sera simple au milieu des poules et des moissonneuses-batteuses. Au loin, on devine les champs, les vignes, et d’autres fermes.

Trente ans plus tard, un samedi soir elle reçoit à la bonne franquette ses filles, ses gendres et ses petits-enfants. Dans la grande cuisine parsemée de canevas et de cartes postales, les hommes rient fort et comptent le bois qu’il reste à couper tandis que les femmes s’occupent des gamins qui, la tête tournée vers l’écran de télé noir et blanc, rechignent à finir leur soupe où nagent de petites étoiles.

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00:00 Publié dans Journal | Lien permanent

09 septembre 2007

Chaque pas, un calvaire

Lettre à M.

 

Mon petit M.,

Je t’ai écouté après avoir lu ton mail où tu me conseillais de « profiter » de ces journées de deuil.

Je crois que, tous, nous avons su pleurer, nous étreindre, nous parler. Et même, nous avons ri, le soir, au coucher de soleil, sur sa tombe magnifiquement recouverte de fleurs, en repensant au curé dont les gaffes auraient fait hurler de rire mon grand-père.

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23:45 Publié dans Correspondance | Lien permanent

04 septembre 2007

L’extinction d’une étoile

 

medium_livre_ouvert.jpg« Il y a des volumes qui sont tièdes encore sous les doigts comme une chair recrue d’amour, comme si le sang battait sous la peau fine, et aussi chaque nuit, dans le silence des grandes bibliothèques, il y a un livre glorieux dont vacille dans le noir et s’éteint pour toujours la petite lumière, mais qu’on le sache encore, comme nous parvient après des siècles la nouvelle de l’extinction d’une étoile. »

Julien Gracq

 

Photographie : © Textes rares

12:10 Publié dans Citations | Lien permanent | Tags : Julien Gracq

03 septembre 2007

Vertige de la rêverie

Comment s’appelait cette machine placée en bout de rayon, dans les supermarchés des années 80, où les produits défilaient lentement ? Par un système de rotation, les rangs d’objets montaient, disparaissaient, puis réapparaissaient… Vertige infiniment doux pour l’enfant rêveur.

Des objets pour l’entretien de soi : brosses à cheveux, limes à ongles, petits ciseaux… Il en avait le tournis, comme il en serait d’une ivresse. Il y restait devant des quarts d’heure entiers. Ce défilé le faisait décoller, perdre le repère du sol, comme si c’était lui qui descendait lentement.

Plus tard, le même effet se produira sur les tapis roulants, avec cette impression de décalage à ne pas savoir qui avance, le monde ou lui. Une telle volupté était une manière de rompre avec la continuité du réel. Comme une bulle, ou un sas d’aération, d’évanouissement, d’oubli de soi.

 

Stéphane Darnat

22:05 Publié dans Fragments | Lien permanent

 
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