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28 octobre 2007

De la lecture (Une lettre de Claude Simon)

 

Monsieur,

 

Votre « mémoire » me plonge dans des abîmes de perplexité. Je pose en effet de façon quelque peu angoissante le problème de la lecture.

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À voix basse

Parler à voix basse, c’est se mettre en accord avec le climat d’harmonie que savourent ceux qui se sont reconnus.

 

Christian Giudicelli, Les passants.

21 octobre 2007

Encaisser le réel

58027dcb7de3ea475dca5913e6f3f3a7.gifConfiné dans sa blouse rouge il reprend sa place en caisse après une pause clope au fond du hangar, près des poubelles. Il soupire. Et puisqu’il débute, il fait l’effort de se rappeler la procédure : « Je fais glisser les produits devant le scanner, pèse les fruits et légumes (sauf ceux à la pièce), puis je tape sur sous-total en indiquant le mode de règlement (espèces, chèque ou carte). Je pense bien à dire bonjour, merci, au revoir… »

Le temps de s’asseoir sur son siège mal vissé il a le sentiment de s’évanouir. L’œil mélancolique parti sur la cage de verre qui protège les bouteilles d’alcool, il retient un éternuement. Les clients défilent de nouveau et, avec eux, le secret de leur quotidien : produits laitiers, eau, PQ,  viande, couches, vin, légumes, tampons, bouffe pour chats, surgelés, café, etc. Chaque fois, il sourit, se montre bienveillant, de bon service. Chaque fois.

Un moment seul il en profite pour débarrasser le tapis des bouts de salade qui traînent et autres petites saletés que les gens abandonnent négligemment ; il vérifie qu’il lui reste assez de sacs et enlève les tickets oubliés. Son regard se perd. Il attend, boit un peu d’eau. Soupire. Ses épaules se relâchent. Lumière blafarde d’une fin de journée. La nuit va venir et, avec elle, son cortège de pensées soupesées de jazz.

Nulle impatience à faire sa caisse pour ensuite discuter avec les caissières d’une douceur maternelle. Nulle déception à être là. Simplement, quelque chose  d’étrange, modeste et apaisant. Ce midi, avant de prendre son poste au supermarché, il a reçu une lettre : « Monsieur, il y a bien des choses réussies dans votre roman et, pourtant, je ne parviens pas à me sentir complètement en affinité avec votre travail. De ce fait, je vous retourne votre manuscrit en vous remerciant d’avoir bien voulu me le donner à lire. Je vous prie de croire, Monsieur, à mes sentiments les meilleurs. »

Stéphane Darnat

21:30 Publié dans Chronique du réel | Lien permanent | Tags : Caissier

20 octobre 2007

La Lettre des abeilles

Dans le coin d’une librairie poussiéreuse où ne vivaient plus que des livres d’occasion, se cachait la vieille édition jaunie d’un roman de Proust qui sentait bon l’encre de papier fané. Une lettre manuscrite y tenait lieu de marque-page.

 

Je sors de ta chambre et reste bouche bée, terrorisé par l’essaim d’abeilles qui soudain prend forme et s’amplifie sous mes yeux ahuris. Je veux traverser la pièce, tente de me frayer un chemin, et me débats assez longtemps avant de comprendre qu’elles ne me veulent pas de mal. Simplement, elles défendent leur reine, sorte de perle grise aux abords dorés, bleutés.

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22:15 Publié dans Correspondance | Lien permanent

 
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