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29 novembre 2007

Barbouiller

Notre ambition serait de barbouiller l’arc-en-ciel, mais des cercles larges, inattendus, absorberaient notre initiative, des cercles continuellement plus larges et plus inattendus ; alors nous regretterions, cependant que notre vue baisserait, l’ordre sculptural des choses.

 

Michel Fardoulis-Lagrange, Les Enfants d’Edom.

26 novembre 2007

Service perturbé sur la ligne…

La rame de métro continue de se gonfler d’usagers harassés. Et ceux qui se pressent toujours plus vers l’arrière laissent échapper un râle d’épuisement. Confiné debout contre un strapontin et la porte côté quai, le voilà obligé de tendre son cou en arrière pour éviter une trop grande proximité avec l’homme baraqué qui, de dos, lui présente un crâne rasé. Un moment, un peu las, il est tout de même tenté de poser sa tête sur son épaule musclée.

Fallait-il s’y attendre ? Les fesses bombées du rugbyman rebondissent tout doucement contre son pubis, et c’est ainsi que les va-et-vient du train finissent par l’exciter. Il tire son corps en arrière autant que faire se peut pour que l’homme ne subisse pas ce plaisir inattendu. Mais il ne parvient pas à se contrôler, et tandis qu’il recule millimètre par millimètre, les frottements dus aux à-coups du voyage accentuent sa gène.

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23:00 Publié dans Fragments | Lien permanent | Tags : métro, rencontre érotique

16 novembre 2007

Querelle linguistique

b702b729036a87137de2ea5706137031.gifLe caissier :  Monsieur, ils sont aussi à vous les produits sur le bord de la caisse ?

— Heu… oui ! Et s’adressant à la cliente suivante il lance : Madame, vous voudrez bien les avancer.

Le caissier note en silence que la phrase n’est ponctuée d’aucune tonalité interrogative. Mais du bout des doigts, et l’air à peine pincé, la cliente fait glisser les produits sur le tapis roulant.

— Monsieur, un « s’il vous plaît » n’aurait pas été de trop. Je ne suis pas à votre disposition.

— Madame, « vous voudrez bien » est supérieur dans le degré de politesse à « s’il vous plaît ».

— Cela m’étonnerait fort, monsieur…

— Je vous l’assure.

— Écoutez monsieur, je suis docteur ès lettres et il est certain que « vous voudrez bien » étant un ordre, cela n’a rien de poli…

— Madame, je suis diplômé d’un DEA de linguistique, je sais ce que je dis…

Yeux ronds, le caissier intervient tout content :

— Et moi je fais ma thèse sur Roland Barthes !!!

— Ah, la sémiologie ? fait la dame.

Le client tout en rangeant ses courses dans le caddy :

— Vous pouvez donc nous départager…

— Eh bien… Madame a raison : « vous voudrez bien » ne peut être ici considéré que sur un mode injonctif, comparé par exemple à « si vous le voulez bien » ou bien encore à « je vous prie », formules qui l’auraient, certes, tout autant obligée, mais, je crois, d’une manière incitative. Il me semble donc, et je peux bien vous l’avouer, qu’un « s’il vous plaît » eût été le bienvenu…

Le client règle, visage fermé, puis part sans un mot. La cliente, sourire aux lèvres, ponctue la conversation d’un « Non mais ! ».

 

Stéphane Darnat

12 novembre 2007

Bazar de psychanalyse…

Lorsqu’il apprit qu’il était somnambule, il ne voulut d’abord pas le croire. L’un de ses meilleurs amis (hébergé chez lui pour des raisons conjugales) le lui assura pourtant dans un récit des plus éloquents. Il s’expliquait donc enfin pourquoi, régulièrement, au matin, il retrouvait ses chats dehors, dans l’escalier de l’immeuble ; pourquoi il se réveillait parfois avec des bleus aux jambes, ou pourquoi chez lui les objets changeaient souvent de place en une nuit. Et dire qu’il avait soupçonné qu’un intrus pénétrait chez lui…

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11 novembre 2007

Je suis de celles

                                                           

Tiens, qu’est-ce que tu fais là ?
C’est moi, c’est Nathalie
Quoi tu m’reconnais pas ?
Mais si

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00:00 Publié dans Poésie | Lien permanent | Tags : bénabar, "je suis de celles"

« Mumm… »

Sous l’orage, le trottoir ruisselle de paillettes argentées. La façade du vieil immeuble s’embrume. À l’ombre d’une des portes cochères, des passants entrent, tête courbée. Ils en ressortent la mine grave, préoccupée. L’image pourrait servir de couverture pour un polar.

Ces passants viennent jouir ici du plaisir indicible de s’allonger sur un divan. L’œil perdu sous le lustre où résonnent leurs paroles, ils racontent et décortiquent leur roman familial. Il leur arrive parfois de chuchoter des fantasmes insoupçonnés.

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