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14 février 2008

La reconnaissance en soi-même

Note de bas de page n° 106.

Copié en marge : « En réalité, chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même. L’ouvrage de l’écrivain n’est qu’une espèce d’instrument optique qu’il offre au lecteur afin de lui permettre de discerner ce que, sans ce livre, il n’eût peut-être pas vu en soi-même. La reconnaissance en soi-même, par le lecteur, de ce que dit le livre, est la preuve de la vérité de celui-ci, et vice versa, au moins dans une certaine mesure, la différence entre les deux textes pouvant être souvent imputée non à l’auteur mais au lecteur. »

Gérard Wajcman, L’interdit, roman (Denoël, Paris, 1986).


                                                                            

L’interdit est un livre presque blanc : n’y subsistent en effet que les notes de bas de page d’un manuscrit disparu et dont les renvois invitent le lecteur à deviner ce que racontait le récit qui laisse place à un vide. L’interdit est en cela un texte au genre ambigü, d’une subtilité extraordinaire : une sorte de roman-essai dont les commentaires du narrateur mettent en forme une des métaphores les plus justes, les plus fortes de la littérature : ce qui peut-être n’a pas eu lieu

                                                                            

N.B. : Il convient en ce sens de rendre hommage au courage éditorial et à l’avant-gardisme littéraire de la maison Denoël d’avoir publié dans les années 1980 un volume dont les pages demeurent aux trois-quarts blanches, ceci pour le plaisir jubilatoire du lecteur qui se retrouve en position d’enquêteur, (d’analyste)…

                                                    

Stéphane Darnat

 
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