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21 juin 2008

Enquête en montagne

1100588477.gifEn terminant ses cartons, il retrouva derrière l’ordinateur des tickets de caisse pliés en deux… Il les ouvrit, étonné de les avoir conservés, puis il sourit de relire sur leur verso les mots doux que les caissières lui lançaient entre deux clients : « Tu es beau chéri ! Je t’aime je t’aime je t’aime », « Tu es tendre, tu es gentil, tu es bon… », « Épouse-moi mon amour ! D’accord chéri de mon cœur ? »…

Il quitta Paris un matin nuageux, accompagné de son plus tendre ami, d’abord avec un camion rempli d’une vie de plus de trente années de souvenirs, qu’ils déposèrent dans la ferme de sa grand-mère, simplement simple au milieu des blés charentais ; puis il fila seul en train vers les montagnes des Pyrénées, vertes et généreuses, ombragées comme autant de lignes d’horizon se succédant, filtres dentelés d’un gris-bleu translucide qui le rassuraient, lui rappelaient que dans la vie il n’y avait pas que Paris et l’édition, mais aussi le grand air, l’amabilité des gens, leurs sourires, leur acceng, et puis la simplicité des rues espiègles et brûlantes au soleil, les sentiers perdus, et l’ombre d’un arbre, tiède et fraîche, où rêvasser…

L’agence de l’ANPE de la petite ville se situait au fond d’un parking gris, derrière la mairie. Bâtiment neuf aux boiseries accueillantes. Il fut reçu par une femme d’une cinquantaine d’années, le genre qui met à l’aise mais un peu trop rieuse et dont la nonchalance fait sentir derrière les rides onctueuses et sèches, l’ancienne soixante-huitarde qui prendrait presque à la légère la recherche d’un travail. Elle parcourut son CV : « Responsable éditorial, collaborateur littéraire, assistant de rédaction ; enseignant de Lettres à l’université ; caissier dans un supermarché… » Yeux ronds, ahuris, elle commença par bredouiller que de tels CV sont rares. Après plusieurs silences, quelques clics sur l’ordinateur, des haussements d’épaules et des soupirs, il sentit bien qu’elle n’osait pas poser la question qu’il soupçonnait évidente. Pourtant, elle se décida, ceci sans accent et avec une franchise exubérante : « Mais qu’est-ce que vous êtes venu faire dans le trou du cul du monde ??? »

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00:35 Publié dans Chronique du réel | Lien permanent

10 juin 2008

Au risque de cette solitude...

Une citation envoyée par Léo Scheer

« L’œuvre est solitaire : cela ne signifie pas qu’elle reste incommunicable, que le lecteur lui manque. Mais qui la lit entre dans cette affirmation de la solitude de l’œuvre, comme celui qui l'écrit appartient au risque de cette solitude. »

La solitude essentielle, Maurice Blanchot.

 
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