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02 juillet 2008

Un nouveau départ

« Cet accident de la nuit dernière n’était pas le fait du hasard. Il marquait une cassure. C’était un choc bénéfique, et il s’était produit à temps pour me permettre de prendre un nouveau départ dans la vie. »

                           

Patrick Modiano, Accident nocturne, Gallimard, 2003, p. 18.

21:00 Publié dans Citations | Lien permanent

13 avril 2008

À quoi sert la littérature ?…

Pourquoi y a-t-il des fous qui passent leurs nuits, leur temps, leur vie à écrire, et pourquoi y a-t-il des fous qui, comme vous et moi, passent leurs nuits, leur temps, leur vie à les lire ?

Cest peut-être à cela que sert la littérature : à mettre la mort en retard                

                 

Maïalen Lafite

16 février 2008

Lire : une sauvegarde personnelle

Ce qui se joue dans l’interprétation d’un roman, c’est une expérience de lecture : on n’est pas le même après…

L’auteur, qu’il soit écrivain, dramaturge, poète ou théoricien, se bat avec les mots comme le musicien avec les sons et le peintre avec les couleurs. Son état est une bataille intérieure empreinte de nécessité et d’urgence.

Qu’est-ce que l’expérience de l’écriture ? La mise en mots, c’est la participation de l’encre à la découverte de ce qui est ancré en soi. Les mots sont des matériaux, des outils qui nous offrent l’accès à la co-naissance, à la remise en ordre de notre être, qui passe par l’esthétisation de la lecture…

Qui lit n’est pas passif. La lecture est une pratique, qui n’est pas réductible à la seule recherche du sens. Quel que soit le niveau d’érudition, le trait commun à tout lecteur est l’imagination, et plus précisément l’exercice d’ubiquité : être ici et ailleurs. Un départ imaginaire, sans perdre pied avec la réalité (sauf à de rares exaltations !).

L’évasion n’est pas une attitude vaine et inutile. Elle est, sur un mode sérieux, l’impertinente absence, un élément structurant qui permet de développer des zones d’ombre.

La lecture introduit une liberté fondamentale, et celle du sujet est en cause dans toute activité de penser un livre : s’évanouir dans son jardin secret. Voilà la vertu de l’impertinente absence. Lire est une sauvegarde personnelle. Une oralisation mentale est nécessaire, comme il en est d’une expérience initiatique : là est en jeu le processus d’avènement du sujet lisant, processus de structuration et de maturation.

La lecture est une mise en mouvement fantasmatique. Tout lecteur est un auteur romanesque… Avec la lecture, la question est de trouver sa dimension d’expérience. La lecture peut être un choc, un risque de perdition. Il faut donc lire comme on est initié : on reçoit un bien.

 

Maïalen Lafite

01 février 2008

Jusqu’à la mort

 

32f3abb757e4b6e4278b34020cf47bb7.gifPour l’écrivain, la littérature est cette parole qui dit jusqu’à la mort : je ne commencerai pas à vivre tant que je ne connaîtrai pas le sens de la vie.

 

Roland Barthes

Photographie : © Cécile Sergent

22:00 Publié dans Citations | Lien permanent | Tags : Ecrivain, Roland Barthes

25 janvier 2008

Ce que j’essaye de dire

9105f2ebce988b66528f7d0fc44c1d5f.gifChaque fois que je lève la tête et que je reprends mon carnet, la faiblesse de ma voix et la pauvreté de mes moyens me semblent une insulte à tout ce que j’essaye de dire, à tout ce que j’ai aimé.

                                                            

Romain Gary, La Promesse de l’aube.

Photographie : © Emmanuelle Hirschauer, Bigsur.

00:00 Publié dans Citations | Lien permanent | Tags : Gary

03 janvier 2008

Intervalle

Ce sont nos passions qui esquivent nos livres, le repos d’intervalle qui les écrit.

Marcel Proust, Le Temps retrouvé.

00:40 Publié dans Citations | Lien permanent

09 décembre 2007

All is true

Ah ! sachez-le : ce drame n’est ni une fiction, ni un roman. All is true, il est si véritable, que chacun peut en reconnaître les éléments chez soi, dans son cœur peut-être.

                                                       

Balzac, Le père Goriot.

29 novembre 2007

Barbouiller

Notre ambition serait de barbouiller l’arc-en-ciel, mais des cercles larges, inattendus, absorberaient notre initiative, des cercles continuellement plus larges et plus inattendus ; alors nous regretterions, cependant que notre vue baisserait, l’ordre sculptural des choses.

 

Michel Fardoulis-Lagrange, Les Enfants d’Edom.

28 octobre 2007

À voix basse

Parler à voix basse, c’est se mettre en accord avec le climat d’harmonie que savourent ceux qui se sont reconnus.

 

Christian Giudicelli, Les passants.

22 septembre 2007

Fabriquer un objet scriptural

Mon but, c’est de fabriquer un objet, disons scriptural – comme on dit un objet pictural – où les diverses parties s’équilibrent, où il y ait un jeu de miroirs, des renvois, que ça fasse un tout équilibré, bien construit...

(...) Cela se fait en tâtonnant : savoir si l’on doit mettre ce morceau à droite, ou à gauche, ou après ; chercher ce qui peut s’harmoniser, jouer, contraster, comme en peinture ou en musique : avec des glissements, avec des lois d’assonances, de dissonances. Avec le sentiment qu’on a plutôt, car il ne s’agit pas de lois fixées.

 

Claude Simon

00:00 Publié dans Citations | Lien permanent | Tags : Claude Simon, Editions de Minuit

20 septembre 2007

Du secret

A ses débuts, la psychanalyse s’est pensée comme une activité de détective. On peut lire en ce sens L’inquiétante étrangeté, étude qui porte sur l’hystérique (un secret inconnu que le sujet se cache à lui-même) et sur le criminel (un secret connu qu’il cache à tous).

La psychanalyse a dû inventer des astuces pour détecter l’inconscient, pour débusquer de l’insu, du latent dans le manifeste, pour le faire parler (Cf. : le premier cas de Dora). Il s’agirait d’une science de l’individuel : une sorte d’intuition du déchiffrement des signes.

Il y a du secret à l’insu du sujet. Nous cachons tous ce que nous ne savons pas cacher : idée d’un secret au cœur du sujet. Il faudrait dès lors repenser l’économie de ce qui se dit sur une articulation qui n’est plus « ce que le sujet veut dire » mais « ce que le sujet désire ».

 

Dominique Rabaté

04 septembre 2007

L’extinction d’une étoile

 

medium_livre_ouvert.jpg« Il y a des volumes qui sont tièdes encore sous les doigts comme une chair recrue d’amour, comme si le sang battait sous la peau fine, et aussi chaque nuit, dans le silence des grandes bibliothèques, il y a un livre glorieux dont vacille dans le noir et s’éteint pour toujours la petite lumière, mais qu’on le sache encore, comme nous parvient après des siècles la nouvelle de l’extinction d’une étoile. »

Julien Gracq

 

Photographie : © Textes rares

12:10 Publié dans Citations | Lien permanent | Tags : Julien Gracq

08 juin 2007

Inventer son écriture

 

« Si j’avais inventé mon écriture, je l’aurais fait comme une révolution interminable. Dans chaque situation, il faut créer un mode d’exposition approprié, inventer la loi de l’événement singulier, tenir compte du destinataire supposé ou désiré ; et en même temps prétendre que cette écriture déterminera le lecteur, lequel apprendra à lire (à « vivre ») cela, qu’il n’était pas habitué à recevoir d’ailleurs. On espère qu’il en renaîtra, autrement déterminé : par exemple, ces greffes sans confusion du poétique sur le philosophique, ou certaines manières d’user des homonymies, de l’inéluctable, des ruses de la langue – que beaucoup lisent dans la confusion pour en ignorer la nécessité proprement logique. »

Jacques Derrida

19:10 Publié dans Citations | Lien permanent | Tags : Derrida, style, critique, néologisme

07 juin 2007

Pourquoi écrivez-vous ?

 

À la question « Pourquoi écrivez-vous ? », Beckett répondait : « Bon qu’à ça. »

 

22:15 Publié dans Citations | Lien permanent | Tags : Beckett

06 juin 2007

Toujours incompréhensible...

Tout texte écrit par qui que ce soit présente une grand part implicite : il est toujours incompréhensible pour qui le lit.

Maïalen Lafite

00:35 Publié dans Citations | Lien permanent | Tags : Lecture, Maïalen Lafite

31 mai 2007

À l’heure la plus silencieuse de la nuit…

Personne ne peut vous apporter conseil ou aide, personne. Entrez en vous-même, cherchez le besoin qui vous fait écrire : examinez s’il pousse ses racines au plus profond de votre cœur. Confessez vous à vous-même : mourriez-vous s’il vous était défendu d’écrire ? Ceci surtout : demandez-vous à l’heure la plus silencieuse de votre nuit : « Suis-je vraiment contraint d’écrire ? »

Creusez en vous-même vers la plus profonde réponse. Si votre réponse est affirmative, si vous pouvez faire front à une aussi grave question par un fort et simple « Je dois », alors construisez votre vie selon cette nécessité. Votre vie dans son heure la plus indifférente, la plus vide, doit devenir signe et témoin d’une telle poussée.

 

Rainer-Maria Rilke, Lettres à un jeune poète.

09 mai 2007

La cheminement de mon œuvre

  medium_01_nature.2.jpg 

Mon œuvre est façonnée par le hasard à un degré très élevé ; elle ignore la direction qu’elle va emprunter et j’en désapprouve presque toujours le cheminement.

 

 

 

 

 

Lucía Etxebarria, Cosmofobia,

Éditions Héloïse d’Ormesson (exergue), Paris, 2007.

Photographie : Cécile Sergent ©

24 avril 2007

Disparition

Il n’a aucune stabilité dans son existence, mais il se hâte dans une disparition perpétuelle.

Kierkegaard, Ou bien, ou bien.

00:00 Publié dans Citations | Lien permanent | Tags : Kierkegaard

10 avril 2007

L’expérience romanesque

L’œuvre ne commence à exister qu’à partir du moment où le regard d’un lecteur la prend en charge. Elle existera autant de fois qu’elle sera lue, et chaque fois d’une façon différente. Toute lecture, si docile qu’elle se veuille, implique un effort de compréhension qui, lui-même, s’appuie sur une expérience personnelle. Nous n’aimerons un roman que si nous avons l’impression – tout illusoire, bien sûr – d’y pénétrer, de l’habiter, de le re-vivre du dedans. Je demande à un livre de m’entraîner là où il veut aller, je m’abandonne à son mouvement propre, j’accepte d’avance son étrangeté ; et en même temps, je lui demande de s’ouvrir à ma propre expérience, où je puise toutes les ressources nécessaires pour m’adapter à lui et sans le support de laquelle, me restant totalement incompréhensible, il cesserait pour moi d’être un livre.

Tout bon roman doit décevoir d’une certaine manière et combler d’une autre. Le vrai lecteur aime trouver dans un roman quelque chose qu’il n’attendait pas, et découvrir que c’était cela précisément qu’il attendait.

 

Bernard Pingaud, L’expérience romanesque.

28 février 2007

L’impossible autobiographie

« Quel œil peut se voir soi-même ? » demande Stendhal dans La vie de Henry Brulard. Cette formule fonde l’impossibilité de l’autobiographie ou de l’autoportrait. Écrire – se reporter au lieu, refaire un trajet géographique – est un plaisir pour soi, non pour le lecteur. 

 

Michel Jarrety

21:40 Publié dans Citations | Lien permanent

 
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