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10 juin 2008

Au risque de cette solitude...

Une citation envoyée par Léo Scheer

« L’œuvre est solitaire : cela ne signifie pas qu’elle reste incommunicable, que le lecteur lui manque. Mais qui la lit entre dans cette affirmation de la solitude de l’œuvre, comme celui qui l'écrit appartient au risque de cette solitude. »

La solitude essentielle, Maurice Blanchot.

24 avril 2008

De l’exil

Lettre de M.

                                                                     

À propos de l’exil, cette citation de Henry James :

« Le dernier degré de son absence personnelle venait seulement de le surprendre. »

21:50 Publié dans Correspondance | Lien permanent

31 janvier 2008

La grandeur du sujet

Très cher père,

Tu m’as demandé récemment pourquoi je prétends avoir peur de toi. Comme d’habitude, je n’ai rien su te répondre, en partie justement à cause de la peur que tu m’inspires, en partie parce que la motivation de cette peur comporte trop de détails pour pouvoir être exposée oralement avec une certaine cohérence. Et si j’essaie maintenant de te répondre par écrit, ce ne sera encore que de façon très incomplète, parce que, même en écrivant, la peur et ses conséquences gênent mes rapports avec toi et parce que la grandeur du sujet outrepasse de beaucoup ma mémoire et ma compréhension.

                                                              

Kafka, Lettre au père.

28 octobre 2007

De la lecture (Une lettre de Claude Simon)

 

Monsieur,

 

Votre « mémoire » me plonge dans des abîmes de perplexité. Je pose en effet de façon quelque peu angoissante le problème de la lecture.

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20 octobre 2007

La Lettre des abeilles

Dans le coin d’une librairie poussiéreuse où ne vivaient plus que des livres d’occasion, se cachait la vieille édition jaunie d’un roman de Proust qui sentait bon l’encre de papier fané. Une lettre manuscrite y tenait lieu de marque-page.

 

Je sors de ta chambre et reste bouche bée, terrorisé par l’essaim d’abeilles qui soudain prend forme et s’amplifie sous mes yeux ahuris. Je veux traverser la pièce, tente de me frayer un chemin, et me débats assez longtemps avant de comprendre qu’elles ne me veulent pas de mal. Simplement, elles défendent leur reine, sorte de perle grise aux abords dorés, bleutés.

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22:15 Publié dans Correspondance | Lien permanent

09 septembre 2007

Chaque pas, un calvaire

Lettre à M.

 

Mon petit M.,

Je t’ai écouté après avoir lu ton mail où tu me conseillais de « profiter » de ces journées de deuil.

Je crois que, tous, nous avons su pleurer, nous étreindre, nous parler. Et même, nous avons ri, le soir, au coucher de soleil, sur sa tombe magnifiquement recouverte de fleurs, en repensant au curé dont les gaffes auraient fait hurler de rire mon grand-père.

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23:45 Publié dans Correspondance | Lien permanent

15 juin 2007

Un refus éditorial émouvant

Paris, le 25 mai.

Cher S.,

Enfin quelques mots sur un texte remarquable de finesse : l’écriture et l’émotion y sont vibrantes d’émotion retenue, de silences poignants, d’intelligence des sentiments. Paradoxalement le style est parfois, me semble-t-il, un peu trop tenu, un peu trop écrit pour ne pas laisser transparaître une intention virtuose et peut-être nuire à la force, à la justesse du portrait.

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23 mars 2007

Pourquoi la jeunesse ?

Lettre à M. 

 

Mon ami,

Je viens te raconter un rêve fait la nuit dernière et qui m’intrigue.

Je suis à l’inauguration du Salon du livre, je tiens dans les mains un roman pour enfants dont je découvre le projet de l’auteur : l’histoire d’un petit garçon racontée avec de nombreux proverbes dont le dernier mot a été systématiquement remplacé par un autre, ce qui offre un effet de sens incongru.

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18:40 Publié dans Correspondance | Lien permanent

15 mars 2007

Le whisky : très polar

Lettre de C.


C'est très masculin le whisky. Ça fait très mâle et mature d'aimer ça. Très polar aussi.

C'est quand même plus classe quand on rentre chez soi le soir de balancer négligemment son manteau sur un fauteuil en cuir et de se servir un whisky, que de balancer brutalement son k-way sur le clic-clac pour vite se taper une petite anisette.

medium_tn.2.jpg

 

 

 

 

Photographie : Cécile Sergent ©

21:30 Publié dans Correspondance | Lien permanent | Tags : Polar

03 janvier 2007

Bonne...!

Vœux de K.



 Bonne ....... &  bons ...... !
Et  aussi ....... + ...... (....) un peu + .....,
beaucoup ........... avec ........ et  .......  & .....,
énormément  ....., plein ... très  ..... avec  « ..... » ..... ... %
Alors  .... ........   ou  ....... $ ou  ...... £ à gogo !
Bref , du .......... ! De la ..... ! Des ..... !
Bonne ..... 2007 !

 

00:00 Publié dans Correspondance | Lien permanent

04 décembre 2006

La machine du désir d'écrire

Lettre de M.

medium_machine_a_ecrire.jpg

Hier soir chez moi, je souriais quand je levais les yeux au-dessus de l’écran à te savoir dans la même position, tentant d’acoquiner les mots pour nourrir la machine du désir d’écrire.   Mon cher solitaire, je te souhaite vieux et serein dans ton pull en laine faisant naître chaque soir sous la lampe de nouvelles phrases-bulles pour empoétiser le réel.

23:50 Publié dans Correspondance | Lien permanent

30 novembre 2006

Quoique...

 

Reçu dans ma vieille boîte aux lettres une carte postale non signée et qui n’avait pas besoin de l’être, l’écriture m’étant immédiatement familière.

Sur la photo, à l’italienne et dont le cadre blanc rappelle le polaroïd : Louis Garrel et Romain Duris qui se tiennent par la taille, comme deux frères (carte postale éditée par Télérama à l’occasion du film de Christophe Honoré, Dans Paris).

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23:35 Publié dans Correspondance | Lien permanent | Tags : romain duris, "dans paris"

01 novembre 2006

L’obsession littéraire

 

medium_arton125.gif Lettre à S.

C’est torturant. On s’endort les yeux ouverts sur le noir, des mots plein la tête. On se réveille la nuit pour griffonner une idée sur le premier bout d’papier à portée de main. Le matin, devant son café, on fait défiler sur notre écran mental ce qu’on a fait la veille : on doute, on essaye de se convaincre que tel chapitre est définitivement achevé.

En journée, au travail, on résiste vaguement pour rester concentré ; on suit les conversations d'une oreille inattentive en hochant la tête avec, toujours, en arrière-fond, ces pages qui nous occupent tout entier ; on rit à des blagues qu’on a à peine écoutées ; on regarde sa montre pour être à ce soir. Et on tourne la tête vers la fenêtre en levant des yeux rêveurs sur le ciel de Paris : rien d’autre n’a d’importance que ce texte secret qui nous tient...

 

S.D.

 Manuscrit : Claude Simon.

00:05 Publié dans Correspondance | Lien permanent | Tags : Obsession littéraire

31 octobre 2006

Sa liste

Lettre de A.
 

                                                    
Alors tu voulais une liste la voilà, elle n'est pas exhaustive...


Livres

De la guerre (Clausewitz)
Traité de servitude volontaire (Buffon)
Le prince (Machiavel)
Tout ce qu'a fait Chomsky dans le domaine sociopolitique (et notamment La construction de l'opinion publique Making consent)
Méditations (Pascal)
Heidegger et Levinas
La condition postmoderne et le postmodernisme expliqué aux enfants de Lyotard
Je te passe Derrida, Baudrillard, Barthes et Deleuze
Surveiller et punir de Foucault (pas Jean-Pierre)
Les origines du totalitarisme de Harendt
Tout Cioran (petit a petit)
Tout Bourdieu
L’introduction de L’esthétique de Hegel (ça fait quand meme 80 pages)
Les pierres sauvages de Pouillon
Tout Panofsky (et notamment Architecture gothique et pensée scolastique et La perspective comme forme symbolique)
Mechanization takes command de Giedion

Voilà pour l’instant.

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15:05 Publié dans Correspondance | Lien permanent

Tomber à l'eau...

medium_couv.gif Lettre à S.

Ecrire a donc été pour vous une manière de renaissance : une co-naissance... Je crois qu'à un moment donné de sa vie, on se rend compte qu'un geste salvateur s'impose à soi pour continuer, ou faire une pause, du moins se retrouver, changer de regard sur soi

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L'être littéraire

Lettre à S.

 

Ce sentiment, que c'est dans la recherche d'une forme, dans le travail de cette matière première qu'est la langue, que vous êtes, m'a traversé et persiste depuis la lecture de votre nouvelle : le temps de l'écriture comme le lieu de l'exacte adéquation de vous à vous-même, où ne filtrent dans ces interstices de temps volé que vos pensées les plus intimes consacrées au seul ciselage des mots. Oui, (je me trompe peut-être), mais j'aime cette idée que c'est dans l'oubli de vous-même, dans l'invention d'une fiction, dans la fabrication d'un récit, dans le bricolage des mots que le solitaire que je devine trouve sa place en lui et en ce monde...

 

S.D.

29 octobre 2006

T'aimer, c'était partir

Ivan 

C'est sans doute une drôle de lettre parce que c'est la première. Parce que c'est une promesse tardivement tenue.

Je crois qu'à certains moments il y a des choses qu'on rate et qu'on passe ensuite des années à vouloir rattraper au mépris de soi-même et du temps qui passe. Je vois bien par exemple comment, à courir après mes regrets, j'aurais pu rester à Strasbourg et y laisser ma peau.

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