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14 février 2008

La reconnaissance en soi-même

Note de bas de page n° 106.

Copié en marge : « En réalité, chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même. L’ouvrage de l’écrivain n’est qu’une espèce d’instrument optique qu’il offre au lecteur afin de lui permettre de discerner ce que, sans ce livre, il n’eût peut-être pas vu en soi-même. La reconnaissance en soi-même, par le lecteur, de ce que dit le livre, est la preuve de la vérité de celui-ci, et vice versa, au moins dans une certaine mesure, la différence entre les deux textes pouvant être souvent imputée non à l’auteur mais au lecteur. »

Gérard Wajcman, L’interdit, roman (Denoël, Paris, 1986).

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24 août 2007

Quelque ombre squelettique : « Le cimetière des poupées » de Mazarine Pingeot

 

 

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La voix d’une femme sur papier, douloureuse et fiable. La voix d’une femme qui écrit tout ce qu’il peut y avoir de tabous malsains dans un couple qui s’aime mal. Voix parlée d’une cellule de prison. Aveux.

Elle pose les choses, avec une simplicité implacable, une violence qui vaut pour grâce. Une voix sans faux-pas.  

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23 août 2007

Relire « Martine »…

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Source : http://picasaweb.google.fr/tremechan

19:55 Publié dans Lectures | Lien permanent

16 novembre 2006

Vous n’écrivez plus ?

medium_Vous_n_ecrivez_plus.gif Heureuse idée que ce doux livre, qui vous pince le cœur, heureuse idée que ces pages signées Laurence Cossé qui, écrivain allant feuilleter les catalogues des maisons d’édition littéraire, s’est aperçu que nombre d’auteurs ont disparu après avoir publié un ou deux romans…  Alors elle a imaginé, Laurence Cossé, dans ce recueil de nouvelles, pourquoi ils n’ont plus écrit ces auteurs, ce qui, dans leur histoire, les a fait renoncer à l’écriture, du moins à la publication.

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29 octobre 2006

Les "Lettres" de Marcel Proust

Lecture des Lettres de Marcel Proust (1879-1922)

(Paris, Editions Plon, 2005)

Intervention à la Sorbonne dans le séminaire d'Antoine Compagnon sur la critique littéraire (mai 2005)

 

 

Cinq milles lettres de Proust avaient pu être réunies dans une précédente édition qui tenait en… vingt et un volumes, grâce à l’opiniâtreté et à la passion de ce chercheur de talent que fut Philippe Kolb, qui estimait que ce chiffre représentait à peine un vingtième de la correspondance que Proust a pu écrire. Une telle quantité s’explique par l’usage à l’époque des pneumatiques (l’équivalent de nos mails aujourd’hui), mais aussi par le fait que plusieurs distributions avaient lieu par jour, quand le courrier n’était pas porté par un domestique, ce qui favorisait un échange aussi soutenu.

Katherine Kolb et Françoise Leriche ont retenu pour cette édition de la Correspondance de Proust quelque 627 lettres, soit 10 % de la correspondance totale... Quatre critères ont permis de retenir ces lettres : les données sociologiques de l’époque (politique, histoire, milieu littéraire) ; la comédie humaine qui transparaît dans ces pages ; la formation esthétique et la réflexion théorique de Proust, et la genèse des œuvres ; les stratégies littéraires et éditoriales de Proust.

Que nous apporte cette correspondance de Proust ? « La collection privée se doit de se faire musée, faute de quoi elle frustre la collectivité » écrit Proust, cité par Katherine Kolb dans sa préface qui note : « Ces lettres dressent le portrait d’un mondain très présent dans la vie littéraire, cherchant à plaire et à séduire, habile à infléchir son style selon son interlocuteur. » Un tic constant cependant, relatif surtout aux critiques littéraires : Proust se montre volontiers déclaratif, sentimental, élogieux sur plusieurs paragraphes, avant de se révéler, le temps d’un dernier paragraphe, voire le temps d’un Nota bene ou d’un Post-scriptum, autoritaire, capricieux, imposant tel article, telle place dans telle revue, tel service à rendre, etc.

Ce sont, ainsi que l’affirme Françoise Leriche dans son introduction à l’édition, des pages « avec des réflexions amusées et souvent impertinentes sur les personnes qu’il connaissait », des lettres dont le montage dessine le portrait d’« un Proust possessif, jaloux (...) enfantin, vindicatif, faisant part de ses lectures, de ses impressions musicales ou esthétiques, donnant son avis sur la politique, bref, des lettres plus spontanées, plus vivantes (ce qui ne signifie pas plus “sincères”…) que les lettres “littéraires”, guindées et calculées ».

Enfin, et surtout, Proust réécrit des passages de la Recherche, qu’il commente et d’un point de vue littéraire et d’un point de vue éditorial – en argumentant par exemple sur la nécessité que tel livre se conclue sur telle phrase. On peut voir sa correspondance comme le travail du philologue qui annote, commente, justifie telle coupe, telle réécriture, telle clôture de chapitre. Ce sont donc des « lettres privées et utilitaires, à l’occasion de circonstances prosaïques ou mondaines, lettres souvent flatteuses et/ou intéressées (destinées à obtenir un service, à remercier, à refuser une invitation, à commenter l’actualité avec ses amis, à indiquer à un éditeur des corrections à faire, etc.) » (p. 14).

Ces lettres nous fournissent des informations historiques et politiques (l’affaire Dreyfus, la position de Proust et de ses interlocuteurs), et des indications d’ordre sociologique qui nous présentent dès lors un microcosme, celui de la critique littéraire où les auteurs se connaissaient, s’écrivaient, se concurrençaient.

La critique littéraire est celle d’un milieu parisien où l’on retrouve, donc, les noms de Allard, Barrès, Blum, Beaunier, Berl, Binet-Valmer, Boulenger, Daudet, Du Bos, Gide, Jaloux, Lemaître, Régnier, Rivière, Thibaudet… Un milieu de la critique littéraire pétri de compromissions, et Proust n’y échappe pas lui-même. Je n’entrerai cependant pas dans le courant de mon intervention sur ces amusements, car, comme Françoise Leriche, je ne peux que me référer à Bourdieu en constatant que, lettre après lettre, et c’est ici ce qui m’intéresse, Proust se positionne dans un champ littéraire en ce qu’il s’adapte à chacun de ses interlocuteurs qu’il connaît très bien : « (productions, institutions, rapports de forces entre groupes, rivalités éditoriales, etc.) (...) [Proust] sait choisir la place qu’il veut y occuper et mettre en œuvre la stratégie nécessaire pour s’y faire publier et reconnaître. »

 

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