27 mai 2008
L’art du roman
Examinons un moment un esprit ordinaire, au cours d’un jour ordinaire. L’esprit reçoit des myriades d’impressions, banales, fantastiques, évanescentes ou gravées avec l’acuité de l’acier. De toutes parts elles arrivent – une pluie sans fin d’innombrables atomes ; et tandis qu’ils tombent, qu’ils s’incarnent dans la vie de lundi ou de mardi, l’accent ne se marque plus au même endroit ; hier l’instant important se situait là, pas ici ; de sorte que si l’écrivain était un homme libre et pas un esclave, s’il pouvait écrire ce qu’il veut écrire et non pas ce qu’il doit écrire, s’il pouvait fonder son ouvrage sur son propre sentiment et non pas sur la convention, il n’y aurait ni intrigue ni comédie ni tragédie ni histoire d’amour ni catastrophe au sens convenu de ces mots.
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28 janvier 2008
La littérature : d’utilité publique.
Il porte en lui le souvenir de ce matin d’hiver où, dans sa classe à l’université, elle voulut les déranger avec ces questions : Comment rendre, par et dans l’écriture, ce que l’on se raconte à soi-même ? transmettre ses pensées intimes les plus aiguës avec exactitude ? transcrire ses associations d’idées ? Surtout : pourquoi vouloir traduire son propre monologue intérieur ?
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